Les thèmes et les motifs de "la France historique", c'est à dire les vieilles forêts, les ponts moyennâgeux, les chaumières, ne figurent pas dans leurs toiles. Ces motifs étaient apparus en réaction contre les bouleversements dus à la révolution. Après la révolution, il y a eu un courant conservateur qui a été à l'origine d'un regain d'intérêt pour les monuments et de nombreuses sociétés historiques furent crées à cette époque. Richard Brettell, conservateur à L'Institut des Beaux-Arts de Chigago, dans un article intitulé "Le paysage Impressionniste et l'image de la France" a recensé les attitudes des Impressionnistes face à des thèmes tels que l'histoire, la France rurale, le tourisme et l'idée de nature. Il montre bien que les Impressionnistes s'intéressaient à leur temps et se tournaient vers l'avenir:
"Le sentiment de la nature que les Impressionnistes exprimèrent aussi dans leurs lettres était tout à fait différent [de celui des peintres de Barbizon]. Le mot 'nature' revient souvent. 'Peindre d'après nature ne consistait pas à errer pendant des heures jusqu'à ce que l'artiste se trouvât seul dans un paysage sans trace de présence humaine, mais au contraire à s'installer à son aise dans un endroit facilement accessible pour le représenter. Ce sentiment de la nature englobait donc l'ensemble de l'univers visible, selon une conception positiviste dans laquelle l'homme et ses réalisations étaient parties intégrantes du cosmos. Trains, bateaux, personnages, usines, maisons, champs, arbres, tas de sable, machines, toute la France de cette époque se retrouve dans leurs paysages". (L'Impressionnisme et le paysage français, Ed.de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1985, p.31).
Et toujours dans le même article, Brettell écrit encore:
"Les Impressionnistes représentèrent le trafic des marchandises et les échanges plus souvent qu'on ne le pense d'ordinaire, mais davantage ceux effectués par les péniches sur la Seine que par les voies ferrées. Pissarro, Cézanne, Sisley, Guillaumin et Monet suivirent leurs prédécesseurs Jongkind, Daubigny et ceux qui avaient représentés le port de Paris, notamment le quai de Bercy, ainsi que les ports de Rouen, et sur la Manche , du Havre et de Dieppe.Pissaro a d'ailleurs peint les péniches circulant sur l'Oise, qui relie la Seine au réseau de canaux de la région industrielle du Nord. Les remorqueurs que l'on appelait 'guêpes à vapeur' et les péniches dans les paysages impressionnistes de rivières étaient nombreux sur la Seine. Les seuls tableaux impressionnistes suffiraient pour consacrer une exposition à la battellerie et au transport fluvial en France dans la seconde moitié du XIX siècle." (L'Impressionnisme et le paysage francais, Ed. de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1985,p.33).
Voici des reproductions de peinture qui ne figurent pas toutes au musée d'Orsay, certaines sont aux Etats-Unis, mais qui montrent que les peintres s'intéressaient à leur environnement immédiat.
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De gauche à droite, Claude Monet Régates à Argenteuil 1874, Le Bassin d'Argenteuil 1872; Claude Monet Au bord de l'eau 1868.
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De gauche à droite, Manet Chemin de fer, Gustave Caillebotte Le Pont d'Argenteuil, Camille Pissaro Le Grand Pont, Rouen 1896. Monet, La gare St Lazare, le train de Normandie 1877; Gustave Caillebotte Le pont de l'Europe 1877: Camille Pissarro Port de Rouen 1896.